AFBH-Éditions de Beaugies 
AFBH

Les Jeudis du Songeur (112)

J’AI DÉCIDÉ DE ME VENDRE…
GRATUITEMENT !

Causons entre nous, chers Amis. Parlons chiffres, parlons d’or ! Les bons comptes font les bons amis. Même s’ils peuvent parfois aussi les fâcher définitivement.

Il faut bien vous l’avouer, j’ai toujours eu quelques problèmes avec le verbe « Vendre ». Passe encore que j’aie négligé mon diplôme HEC pour devenir enseignant, me résignant à ne pas « travailler plus » pour ne pas « gagner plus ». Mais, le croirez-vous, la première question qui me fut posée par un collègue, lors de mon premier déjeuner à la cantine des profs, fut celle-ci : « Et vous, vous vendez quoi ? »

L’ironie du sort voulut, quelques temps après, que je fusse par hasard invité à Europe1, en tant que professeur de français lambda, pour un échange sur les sujets de français tombés au bac ce jour de juin. Il y avait là deux ou trois personnalités, parmi lesquelles Jean d’Ormesson. Comme je m’étais permis d’informer ces invités sur l’étrange nature de mon métier, qu’ils ne connaissaient pas trop, l’animateur me déclara, une fois l’émission terminée : « Vous vous vendez bien ! »

Se vendre pour ne rien gagner, était-ce là mon destin de toujours ?

Mais voilà que, participant une autre fois à une sorte de « séminaire de lecture rapide » où j’avais peut-être fait l’éloge de la lenteur, l’animatrice me sortit ce compliment ambigu :

Vous auriez dû faire HEC !

Mais je l’ai fait, Madame ! répondis-je, déclenchant des sourires incrédules.

On comprendra quelles affres sont à chaque fois les miennes lorsque je me sens le devoir de rappeler à mes lecteurs, dont vous faites partie, que Noël est la saison des cadeaux, et qu’il est peut-être temps, pour ceux qui estiment vaguement mes ouvrages, de songer à en offrir autour d’eux ! Non pas bien entendu pour m’occasionner quelque profit fatalement honteux, mais pour réduire un déficit aussi chronique que mes chroniques, et autres publications…

Je suis donc décidé, coûte que coûte, à me vendre ! Et à me vendre gratuitement, même si ça doit me coûter cher !

Et dans cet esprit, je vous apprends que je viens de mettre en ligne gracieusement De l’idéologie aujourd’hui, dont certains ont déjà goûté quelques échantillons gratuits cet été.

Voilà une information de taille !

Mais, allez-vous me dire, ce n’est pas se vendre, cela !

Bonne question, dirait feu Georges Marchais !

Et il est vrai : cela n’est pas tout à fait « me vendre », puisque c’est gratuit. Et même, cela continue de coûter quelque chose puisque qu’il faut des sous pour entretenir un site.

Mais je vous le demande : un acte peut-il être gratuit sans être déficitaire ?

Alors ? En quoi est-ce là « se vendre » ?

C’est que, cette fois-ci, j’ai poussé le vice jusqu’à proposer aux lecteurs, en échange de cette gratuité, une obole facultative de 2€ ! Avouez que 2€ pour s’offrir cinq heures de gratuité, ce n’est pas cher payé !

Vous allez peut-être m’objecter : ce n’est qu’une petite pièce de rien du tout, de quoi régler trois photocopies à la Poste. « Tu resteras déficitaire, mon pauvre ami ! »

Je vous l’accorde. Mais c’est dans ma constitution : je n’arrive pas à me vendre autrement qu’en termes de gratuité. Quoique, si l’on calcule bien*

Bon, assez discuté : voici le lien où chacun peut désormais consulter et télécharger la première version intégrale de cet essai, d’abord publié en 2005 :
http://www.editionsdebeaugies.org/delideologie.php

Mais ce n’est pas tout ! Emporté par le mouvement, j’ai voulu vendre plusss. J’ai donc adjoint à De l’Idéologie aujourd’hui un second Tome, mis en ligne lui aussi gratuitement, qui recueille quelques textes nouveaux, écrits de 2005 à 2015, et dont voici l’adresse :
http://www.editionsdebeaugies.org/delideologie-tome2.php

Et bien entendu, vous pouvez aussi vous offrir la liberté d’y contribuer pour 2€ !

Car c’est la loi : on se vend, ou on ne se vend pas !

Tous les actes gratuits sont déficitaires, mais certains le sont moins que d’autres (soit dit en passant, c’est ce que prouve admirablement EDF en offrant plein pot aux Anglais deux Centrales nucléaires hyper constructibles de type EPR).

J’ai donc franchi le Rubicon de mes scrupules judéo-chrétiens ! Enfin décomplexé, je vends. Partout, et à n’importe qui, que le client sache ou ne sache pas lire. Je vends, donc je vante. Je viens vanter auprès de vous ma camelote qui est en ligne. Gratuitement ou non. Et c’est pourquoi, pour Noël 2016, j’ai cru délicat de rafraîchir vos mémoires sur l’existence et l’intérêt de chacun de mes livres disponibles sur ce site, à savoir :

• Le Bonheur conforme. Au début était le Bonheur conforme, un de ces livres majeurs « qu’on ne présente plus », loué partout sur Internet. Quinze euros, frais de port compris :
larbremigrateur-fb.blogspot.fr/2008/07/le-bonheur-conforme-19811985-essai-sur.html

• L’Arbre migrateur et autres fables à contretemps. Quinze récits dont le plus dense a été mis en scène et joué avec succès au festival d’Avignon. Des fables tragico-hilarantes, sur quelques sujets d’actualité comme ceux-ci : « Un épargnant désireux de palper son fric s’égare dans Paris en distribuant des centaines d’euros. Un télé-phile dont l’écran tombe en panne s’invente devant son poste éteint des spectacles virtuels qui le transportent au septième ciel. Un conducteur ne parvient plus à sortir du périphérique, par peur de déserter l’Humanité en marche. Des publicitaires, payés pour barbouiller de slogans les rochers et les arbres, rencontrent Dieu dans le désert, et changent d’employeur. Un buveur de soda s’éprend d’une bouteille-vampire. Quant à l’Arbre migrateur… » 160 pages à peu près correctement écrites, 11 euros (frais de port compris) !

• Youm, le cheval qui lisait avec ses narines. Dix histoires dans le même style, primées par notre fabuliste national (11 euros, frais de port compris). Présentation :

« Une nuit, croisant l’ombre de La Fontaine, je lui tins à peu près ce langage :

Si je vous contais, Monsieur, l’histoire d’un poulain que l’on prend pour un âne, et qui se met soudain à lire avec ses narines ?

J’y prendrais un plaisir extrême, dit le fabuliste ; un habile homme, à l’occasion, en ferait un charmant téléfilm.

Et la merveille du Mont Blanc subitement disparu, par une nuit sans lune ?

J’ignore si j’en croirais le cas, dit le bon homme, mais c’est un scénario riche d’effets spéciaux.

Vous dirais-je comment un amateur d’art, le long d’une galerie, fut figé en tableau par le regard des visiteurs ?

Oh ! Cela m’arrive maintes fois ! s’exclama le peintre des songes.

Goûteriez-vous la légende du Fils de l’Arbre, qui rameuta monts et forêts pour réduire en cendres les autoroutes meurtrières ?

Elle ravirait mon ami Boileau : il abhorre les carrosses dont les roues embarrassent les pavés de Paris. »

Et c’est ainsi que l’âme du poète m’ouvrit la voie de ce recueil.

• Le Rappel. Une œuvre qui… mais je risque de vous lasser. Voyez simplement cette fascinante évocation, ici :
larbremigrateur-fb.blogspot.fr/2013/03/le-rappel-nouvelle-publication-des.html

• L’Inscription de Benjamin. Le meilleur de ce que je crois avoir fait. L’exact complément du Bonheur conforme. Une suite continue d’invitations à songer. Des errances dans Paris, où l’on se perd pour se trouver ; des antichambres où l’on s’étonne, de grands salons où l’horloge sonne, le secret qui toujours révèle le drame d’une vie. On y trouvera les clefs de tout ce que j’écris, pour peu qu’on veuille y entrer. En voici l’argument :
larbremigrateur-fb.blogspot.fr/2013/11/linscription-de-benjamin-editions-de.html

Oyez, oyez, Messieurs, Dames ! J’en passe, et des meilleurs ! Le Songeur est à vendre, qu’on se le dise !

Doit-il pour autant vous présenter exhaustivement tous ses produits, et que peut-être vous aimâtes au point d’en faire partager l’agrément ? Se taire, c’est encore une façon de bien vendre.

Il est donc temps de faire silence. À chacun de penser à ses choix.

Songez tout de même, s’il vous plaît, qu’en sus d’être un peu auteur, je suis par-dessus tout Chef-magasinier.

Merci d’avance !

Le Songeur à acheter  (01-12-2016)



* Note : Comparons par exemple le « succès » limité de La Larme de Rubinstein (120 exemplaires) à celui, d’un nombre égal, que pourrait obtenir L’Idéologie aujourd’hui (Tome 1). Le premier recueil a été tiré à 500 ex. (coût d’impression dépassant 1500€, auxquels s’ajoutent 300€ de frais d’envoi) ; il n’a « rapporté » que 900€ (compte tenu des nombreux livres donnés ou « vendus » à prix réduit). Déficit net : 900€. Si L’Idéologie est commandée à 120 ex. également, avec l’obole de 2€ (couvrant les frais divers, notamment ceux de mise en ligne), un rapide calcul mental permet de comprendre que, pour une « vente gratuite » d’un même nombre d’ouvrages, j’économise 900 euros. Ce qu’on gagne, c’est d’abord ce qu’on ne dépense pas. Je ne cesse donc de m’enrichir de ce gain potentiel. Je roule sur l’or ! Et j’ai les larmes aux yeux en songeant simplement à la fortune virtuelle dont mes enfants hériteront bientôt…


(Jeudi du Songeur suivant (113) : « POUR UN NOUVEAU CALENDRIER » )

(Jeudi du Songeur précédent (111) : « J’AI TOUCHÉ UN NOUVEAU CORPS » )